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Matryona

Données Spirituelles
Grade: Membre de Las Manadas
Ven 2 Sep 2022 - 12:03 - Matryona [Terminé]

Matryona

Race Arrancar [Vasto Lorde]
Âge Inconnu


Grade Tercera Espada, membre de Las Manadas.


Pouvoir

Resurrección : Mascarilla.
Libération : Escúchalos.

Matryona [Terminé] P-hollow

Description

Dans sa forme la plus pure, rien ne laisse présager l'ampleur de la menace que représente Matryona. Avec son allure droite, menton vers le sol, on la voit souvent errer d'un pas lent tantôt dans ce qu'étaient autrefois les couloirs de Las Noches, tantôt le long d'une crète de sable blanc sous le jugement impassible de la lune. De nature discrète elle ne se manifeste souvent que par le doux tintement d'un grelot accroché sur le bord de son jingasa, avec lequel elle se garde bien de confronter le regard des autres. Mais détrompez-vous, car la jeune femme n'est certainement pas une âme fragile ou sensible. Si elle ne vous adresse pas un sourire, si ses mots ne dansent pas dans le vent cela veut simplement dire qu'il n'y a rien à tirer du moindre échange. Ne vous laissez pas avoir par sa faible carrure, pas plus que son accoutrement sorti d'une autre époque. Le silence est un outil dont le prédateur doit se servir pour mieux jauger sa cible. Brisez-le, et alors peut-être qu'elle daignera vous dévoiler l'une de ses nombreux facettes.

Qu'importe le visage qu'elle choisira, la surprise viendra souvent de la douceur et de l'innocence qu'il dégage. Deux très grands yeux presque enfantins semblent ici contenir des pépites d'or liquide. Seuls atours précieux sur un masque de porcelaine, aux joues maquillées de rouge carmin qui encadrent une bouche charnue, dont les commissures laissent très clairement apparaître des cicatrices mystérieuses fuyant sous son menton. Sa mâchoire est entièrement couverte par ce qui ressemble à un hoate fait d'ivoire duquel se décroche une paire d'énormes mandibules osseuses. Quelques mèches de sa chevelure ébène agrémentent subtilement le tout, le reste étant habillement attaché et dissimulé sous un large jingasa dont elle ne se sépare qu'en de rares occasions.

L'ensemble de sa silhouette trahit un relief assurément féminin, à en juger d'abord par son torse presque intégralement mis à nu exception faite de ses bras cachés par d'amples manches tombantes. Un épais cordage se perd à la manière d'un serpent dans les recoins de son buste. Il enroule la jointure des épaules, revient au niveau de la nuque puis disparaît dans le dos sous les plis de son haori pour finalement enlacer sa poitrine à grands renforts de nœuds et d'entrecroisements experts. De là le shibari se sépare et descend de chaque coté des hanches jusqu'à en faire le tour complet comme le ferait une ceinture classique. L'autre point marquant se trouve d'ailleurs ici car la jeune femme ne possède pas une mais quatre lames finement ornées et disposées de part et d'autre de son flanc. Deux katana et wakisashi qui n'ont rien de gadgets d'apparat. Mais ne vous avisez pas de le lui faire remarquer sur le ton de la moquerie pour autant, Matryona n'est pas du genre à apprécier que l'on mette ses compétences en doute et ne manquera certainement pas de vous le prouver à la moindre incartade. Par simple jeu, ou par défi. Elle est cruelle par nature, dotée d'un sang froid exceptionnel bien que totalement instable et imprévisible. Certains racontent que son humeur fluctue en fonction du bruit environnant, d'autres assurent n'avoir jamais été en mesure de l'entendre parler voire même qu'elle serait contrôlée par les étranges créatures aux allures d'angelots qui parfois se promènent sur son corps ou volent autour. La seule véritable façon de se laisser emporter par son timbre cristallin à coup sûr revient aux chanceux qui franchiront le seuil de son établissement situé en plein cœur des ruines de Las Noches. Une curieuse taverne dont elle se revendique propriétaire mais également showrunneuse et où il n'est donc pas rare de la voir se donner en spectacle. Ses talents sont multiples, son aisance pour la représentation n'est plus à prouver, pas plus que son agilité au combat ou lors de certains tours et ce malgré le fait qu'elle ne quitte jamais son hakama noir finement brodé laissant parfois croire qu'elle possède plus de deux jambes tant ses mouvements sont à la fois fluides et silencieux.

L'araignée est très joueuse, cela fait partie intégrante de la chasse. S'il est difficile de lui donner un âge on sent dans le fond de son regard la dureté du diamant et l'aplomb des montagnes avec au plus profond de l'abime un feu qui ne cessera jamais de l'animer. Parfois elle érupte, laisse la fougue de sa jeunesse éternelle jaillir dans un élan de folie passagère. Parfois son rôle de Yojimbo ou de tenancière prédomine, surtout lorsqu'elle organise des parties de Chō-han entre habitués. Mais le plus clair du temps vous ne verrez qu'une coquille semblant vide, froide. Deux explications largement confirmées s'imposeront alors : Soit Matryona est à la recherche d'une nouvelle cible. Soit elle est en chasse, et il est fort probable que ce soit vous, la proie. Ne laissez donc jamais le silence s'installer. Brisez-le avant qu'elle ne le fasse.
Matryona [Terminé] P-hollow

Histoire




Spoiler:

Personne ne semble plus faire attention à Vinny, le plus fougueux de la bande, alors qu'il s'engage comme d'ordinaire dans un ballet aérien destructeur. Les bruits d'ailes précèdent souvent la chute d'un bibelot ou les plaintes de sa soeur Lola, éternelle victime de ses jeux cruels. Leur mère n'en perd pas une miette, bien trop amusée alors que pour accorder le moindre intérêt à son interlocuteur qui lui, reste persuadé qu'elle l'écoute.

- Si j'avais su qu'un truc pareil existait j'aurais signé bien avant ! Comment t'as fait pour transformer c'te ruine en cantine géante ?

- C'est un bar au mieux, mais c'est surtout là où on fait des spectacles pour plus s'ennuyer...


Le Hollow se gratte le masque, accoudé sur le comptoir. Puis il se penche vers Damian d'un air menaçant en sondant les abysses de ses orbites creuses avec les siennes.

- C'est à la patronne que je cause ! Et pourquoi t'irais pas rejoindre tes potes là haut pendant que les adultes y discutent ?

Le petit chérubin dévoile son plus beau sourire carnassier.

- Parce qu'elle te répondra pas, tête d'enclume ! Par contre moi, je peux te raconter d'où ça vient tout ça... Et plus encore !

Tandis que le colosse pousse un long soupir en haussant les épaules, Matryona décroche du plafond puis s'affale sur le bar. Alors qu'elle jette un regard en coin sur la petite créature ailée ses étincelles disparaissent brutalement. Damian est pris d'un soubresaut, avant de bondir sur son séant pour offrir à son nouvel ami une expression de ravissement. Ses deux petites billes mortes sont maintenant aussi brillantes qu'un soleil.


What is normal for the spider is chaos for the fly.



Matryona [Terminé] Leanna10


Il n'y a pas que les proies qui se cachent. Beaucoup l'ont appris à leurs dépens. Lorsque l'on est un élément de la chaîne il faut avant tout penser à regarder en haut, l'ivresse des hauteurs peut vite donner le vertige et nous couper de tout raisonnement logique. Cette philosophie est restée gravée au plus profond de mon âme dès lors que l'on m'a offert la possibilité de gravir chaque maillon l'un après l'autre afin de m'extraire de cette fange rampant sous les dunes du Yermo. L'immensité d'un désert ne le rend pas vide, l'univers cherche à combler ce manque par tous les moyens. Ce que vous ne voyez pas, ce que vous n'entendez pas existe et ne fait qu'attendre son moment.

J'ai trop longtemps erré sur le sable stérile avec pour seule compagne la Lune. Le plus petit bruit pouvait facilement annoncer un chaos de sang et de larmes, puis la mort. La leur. Un prédateur sait se taire, immobile, tel que le sera son gibier une fois qu'il fondera dessus. Pourtant tous n'ont pas nécessairement besoin de se salir les griffes. On peut dresser des pièges. On peut lancer sa ligne en espérant que l'autre morde, et là... Le chassé devient chasseur malgré lui. Ma méthode préférée, le contrôle. La toile d'abondance. D'abord vous emprisonnez celui-ci et lorsque vos désirs sont ses ordres il ne vous reste plus qu'à l'envoyer nager sous le sable blanc. Au travers de la surface se cache un autre monde grouillant d'innombrables créatures aussi diverses qu'appétissantes. Un buffet à volonté offert aux plus malins, ceux qui se démarquent par leur ruse ou leur force brute.

Au départ je n'avais aucune de ces deux qualités. Une abomination vaguement bestiale, Adjuchas, tapie dans l'ombre et tiraillée par une faim atroce. En ces temps immémoriaux c'est la solitude surtout qui rongeait cette pauvre petite araignée perdue quelque part au cœur d'une bien curieuse foret. Déjà là se tissaient les premières lignes d'une toile hors du commun. Les disparitions s'enchaînaient sans que cela n'attire l'attention, mais plus surprenant encore le comportement de certaines créatures devenait erratique. Le phénomène prit de l'ampleur au fil des décennies, au point qu'il n'était pas rare de voir le fonctionnement du microcosme se dérégler totalement. Une zone toujours plus vaste rendue inaccessible par une poignée de gardiens semblant protéger un trésor inestimable. Forcément, on cherche à comprendre et outrepasser les règles établies dans le silence. Plusieurs braveront l'interdit, aucun n'en repartira. Impossible de tenir les comptes sur une durée aussi longue, cependant de même que pour la lanterne avec le papillon ces ténèbres insondables firent circuler une rumeur qui traversa les âges faisant progressivement naître dans l'esprit des Menos une obsession.

Un jour où la pression devint trop forte et l'envie trop insistante les gardiens se sacrifièrent face au groupe qui tentait une énième incursion. Mais alors que les assaillants savouraient un festin sur le corps des vaincus c'est là que le piège établi sur plusieurs siècles se déclencha dans la surprise générale. Cela se manifesta d'abord par des rires d'enfants humains, on aurait pu en imaginer des dizaines cachés derrière les troncs immenses. Je pouvais sentir la peur grandir et raidir les muscles de mes proies, je commençais déjà à sentir leur volonté qui d'une simple caresse se désagrégeait tandis qu'un bras après l'autre je m'extirpais de ma tanière. Le misérable insecte que je fus jadis les dominais largement aujourd'hui, je pouvais les toiser de tous mes yeux et me nourrir de cette terreur. L'un d'entre eux tenta malheureusement sa chance mais je ne lui ai pas laissé le temps de regretter. Le pauvre se retrouva démembré en un claquement de doigts, et la vue de ce spectacle me procura une sensation de jouissance bouillonnante, débordante. Les autres auraient bien aimé fuir mais leur corps était les miens désormais. Inutile toutefois de m'encombrer de nouveaux sujets, j'ai donc décidé cette fois de laisser jaillir le feu animant ma poitrine pour le déverser en pluie destructrice, réduisant ainsi à néant toute vie alentour. Exception faite d'une silhouette gigantesque aussi écervelée que ses compagnons mais nettement plus redoutable. Ce combat ne fut pas une mince affaire. Tristement ni sa taille imposante ni sa robustesse naturelle ne le sauvèrent et sa mise à mort signa le début d'un règne très long. Sans merci, sans guerre, sans opposition. Jusqu'au premier grand cataclysme.

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Spoiler:

Damian termine sur un petit ricanement moqueur, puis avise le colosse totalement absorbé par le récit. Matryona de son coté n'offre qu'une moue de dépit et détourne son regard aveugle de la scène comme si cela allait l'empêcher de subir la suite.

- Attends, mais le feu là, elle l'a sorti d'où ?

Il jette un regard à l'angelot qui lui indique discrètement le buste de la jeune femme derrière. Ses orbites creuses font ensuite le trajet entre son propre corps et celui de la personne désignée de multiples fois. Il réalise, mais n'ose rien dire de peur de finir comme eux. Le chérubin est hilare.

- Une passion brûlante mais limitée, tu devrais voir ce qu'elle sait faire maintenant !

Vinny passe en trombe et s'écrase devant la scène, visiblement à la poursuite d'une créature plus rusée et rapide que lui. Il a délaissé Lola qui en a profité pour rejoindre sa sœur Cecilia perchée sur une traverse.

- Quand on est venu au monde, c'était la guerre là haut. Et pour survivre, faut savoir s'adapter sinon c'est mort ! Donc on a improvisé des trucs...

Son interlocuteur se penche de nouveau vers lui et, d'un signe vague de la main l'invite à poursuivre.


Wherever you go becomes a part of you somehow.



Matryona [Terminé] Ryoji-10

Lorsque la chaîne se brise il existe plusieurs solutions. Soit vous la remplacez par une nouvelle faite d'un matériau plus robuste que l'ancienne. Soit vous rassemblez les morceaux encore intacts et dans un élan d'espoir vous tentez de la réparer, en priant pour que les lois de la nature se chargent de la maintenir en l'état. Mais qu'advient-il de ceux qui, au moment de l'accident se sont retrouvés au point de rupture, coupables d'avoir participé à cet effondrement ou au contraire victimes comme tant d'autres de la brutalité d'un tiers responsable de leur chute ? La réponse est plus complexe qu'il n'y paraît, c'est pourquoi nous allons nous y attarder un instant. Aussi creux que puisse paraître ce monde, il n'en est rien de son histoire.

J'avais passé une éternité à côtoyer la cime des arbres, bien consciente que la vue du ciel étoilé me serait impossible tant que j'aurais à craindre les terribles démons insoumis gouvernant en surface. La flamme de mon ambition comme seule veilleuse je rêvais du supplice de l'existence et du poids de la solitude. Une douce torture dont l'œuvre creusait chaque jour davantage les parois du gouffre béant duquel ne suintaient que colère et mélancolie. Faute d'une véritable compagnie je me suis mise à régner, recluse, sur un royaume qui resterait à jamais aussi vide que mon cœur. Juchée sur un trône de soie glacial sans couronne ni sujets j'exploitais cette absence en contemplant la tapisserie monochrome s'étendant sans vergogne entre les gigantesques piliers intemporels. Un fil pour une vie baignée dans la peur, voilà tout ce qu'ils représentaient à la fin. J'étais devenue une tisseuse de cimetière.

L'endoctrinement n'offre aucun réconfort, pire, il vous berce d'un amour illusoire et de fausses promesses de loyauté. Certes ils agissaient comme autant d'yeux pouvant surveiller les abords du charnier spirituel mais cela ne servait plus aucun but sinon faciliter la chasse. De plus cette méthode n'était pas viable car trop grande consommatrice d'énergie. Un lien n'agit que pour remplir un objectif tant que celui-ci reste bien défini dans le temps. Par soucis de rentabilité et face au besoin toujours plus grandissant de proies il a fallu penser un dispositif plus élaboré, pérenne. A défaut de fonder une famille je pouvais sans mal le prétendre, au prix d'un sacrifice négligeable de ma propre essence. Fausse bonne idée. L'œuf une fois matérialisé devait être habilement dissimulé sans que cela nécessite de trop l'éloigner du sujet ni du réseau. Alors seulement le rituel pouvait opérer. L'asservissement direct d'une âme limitée dans sa conscience relevait déjà du simple exercice mais, une fois l'emprise rattachée au fruit non fécondé d'un sacrifice de chair le charme persisterait à coup sûr. Malheureusement si cela s'avéra efficace sur le court terme, il n'aurait pu être suffisant dans un monde comme celui-ci.

Qu'à cela ne tienne, puisque parasiter l'esprit d'un si grand nombre d'individu au fil du temps ne sert pas seulement d'anesthésiant ou d'adrénaline pouvant contrebalancer le fardeau des remords, que porte non sans un certain fatalisme tout être doué d'une intelligence supérieure. L'empathie tend vers les limbes du jugement lorsque vous ne prenez plus la peine de mémoriser le visage ou encore l'apparence de vos victimes. A terme ils ne représentent que du bétail, un océan d'énergie pure intarissable dans lequel il faut constamment puiser si l'on souhaite rester dans la course. Mais le phylactère de leur méprisable existence contient également le savoir que je ne peux assimiler sans me mettre en péril, cependant à la manière d'une tempête de sable qui disperse les grains de la connaissance il est arrivé parfois que certains d'entre eux se nichent là où je n'y aurais jamais songé. C'est ainsi que l'hypothèse d'autres plans s'est confirmée, tout comme le moyen de s'y rendre.

Excellente observatrice, la tâche visant l'étude du comportement des portails appelés Garganta et leur ouverture ne prit qu'une poignée de jours. Beaucoup de Hollows ici bas partent en excursion solitaire, l'occasion d'en faire autant se présenta bien assez tôt. Et si le voyage ne fut pas de tout repos la destination, elle, dépassa toutes mes espérances. Mes attentes également. Imaginez sortir d'un copieux repas lorsque, vous penchant au dessus d'une épaisse flaque d'un sang encore tiède ce qu'elle reflète est l'exacte inverse du modèle l'original. De l'ombre passe à la lumière aveuglante, de la nuit au jour, du pastel aux couleurs criardes, de l'air vicié aux mille senteurs, de l'endroit à l'envers, du silence au bruit, du vide au chaos vivant. Ne demeurait qu'une constante : l'invisible. La première sortie fut courte, mais rapidement suivie d'une seconde, et d'une ribambelle d'autres. S'acclimater au cœur du maelstrom humain demanda une quantité non négligeable d'énergie. Au départ je me contentais de vagabonder sur les hauteurs en toute discrétion sans interagir ni perturber le ballet éternel de cette masse grouillante et assourdissante. Je pouvais sentir leur peur, leur crainte, leur colère, leur tristesse mais surtout : leur potentiel. Pour les manipuler je devais avant toute chose les comprendre, apprendre à les connaître de la manière la plus intime qui soit. Certains évoluaient seuls. D'autres tissaient des liens éphémères. Il y avait enfin, et cette particularité ne manqua pas d'ébranler toutes mes convictions, de ces créateurs fragiles qui se multipliaient après avoir laissé germer en eux un sentiment encore inconnu jusqu'alors. Je les voyais ainsi grandir, agir comme un seul et même esprit organisé, avant d'éclater et de se diviser à nouveau. Ce jour-là en regagnant ma tanière putride cloisonnée dans un silence de mort la solution éclata comme une évidence.

C'est en fondant une famille que je trouverais le chemin qui me guidera sous la lune, parmi les géants.

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Spoiler:

- Tu parlais d'une guerre, j'y comprends plus rien à ton baratin ! C'est quoi le rapport avec les humains et l'reste ?

Damian s'interrompt et prend un air vexé. Sa mère, toujours absente, contemple la lune qui les toise. Dans le vent glacial d'une nuit éternelle trois petits diablotins dansent au gré de la brise.

- J'allais y venir, mais faut laisser le suspense s'installer ! En plus j'te fais une fleur, techniquement on était même pas encore là donc tout ça c'est que du bonus...


I'm just a puppet who can see the strings.



Matryona [Terminé] Harsha10

La vie terrestre est un cirque où les numéros s'enchaînent dans un ballet incessant. La fascination gagne rapidement sur la simple curiosité maladive, car chacune de ces marionnettes ne se contente pas d'exécuter son tour avant de disparaître dans les coulisses du monde mortel. Elles constituent à la fois le noyau d'une piste toujours en effervescence mais incarnent aussi parfois le spectateur de leur gloire ou déchéance. Il m'était impossible de creuser dans la logique hypothétique d'un sujet ni de la masse. Une fresque organique interminable, l'antithèse de ce avec quoi je composais dans l'Outre Monde. Peut-être existe-t-il une forme de complémentarité, un moyen de combiner les deux univers. D'un coté comme de l'autre la mécanique est imparfaite, injuste, imprévisible et pourtant remarquablement fonctionnelle. Je devais passer au stade supérieur.

S'ajouter dans le schéma minutieusement élaboré d'un monde auquel je n'appartenais pas par nature me demanda d'y séjourner souvent, au détriment d'un royaume déjà bâti mais tombant progressivement en désuétude. Aveuglée par l'inconnu je délaissais ma promise, une main sur son cœur hivernal mais le regard tourné vers une source de chaleur nouvelle. Peut être la solution résidait dans le fait de tisser un pont entre mes deux amants. Trouver un sanctuaire et y installer les bases d'une dynastie. Rien d'insurmontable en théorie, j'avais pris grand soin d'analyser les méthodes de reproduction impliquant la fusion de deux parties. Par expérience la division de soi permet également d'insuffler la vie au travers des œufs, bien que l'emprise sur l'âme n'en fasse un être doué de sa propre conscience. Je décidais donc une fois rentrée de me pencher sur la question. Il m'était impossible seule, d'opérer un miracle. Et du fait de l'asservissement aucun sujet n'était en mesure de combler le vide stérile contenu dans le creux de mes mains. Je décidais alors de prendre un risque considérable. Si l'âme se dilue dans le corps et s'impose par des sentiments, il me suffisait tout simplement d'en extraire un pour l'implanter dans ce qui deviendrait, une fois éclos, ma progéniture.

Toute la palette des sentiments n'est pas nécessaire dans le processus de raisonnement chez la plupart des espèces composant un monde. J'ai pu en ce sens m'amputer d'une bonne moitié d'entre eux qui je l'espérais à l'époque trouveraient leur usage dans l'accomplissement de ma mission première. Dès lors le quotidien au sein du nid s'en était vu chamboulé, les petits avortons ailés forts de leur personnalité unique s'en donnaient à cœur joie au point que ce qui n'était autrefois qu'un cimetière végétal au silence macabre prit souvent des allures de pouponnière. Encore une fois, l'apprentissage allait être long mais fructueux. L'emploi des œufs stériles pour le maintien d'une emprise permanente sur les hôtes s'avéra rapidement obsolète. Une plus grande puissance implique davantage de moyens déployés. Les rejetons étant par essence un fragment non négligeable de mon âme il était devenu envisageable de se passer de lien direct. Ils purent agir selon leur désir sur les Hollow les plus vulnérables dans une moindre mesure, afin d'entretenir la stabilité du réseau. Cela me permit à terme de ne plus nourrir la crainte d'une chute. Libérée de ces tourments et comblée d'une émotion nouvelle bien qu'indescriptible j'étais en mesure de reprendre les voyages au centre de la Terre plus tôt qu'escompté. C'est précisément là, que le problème commencèrent.

J'allais bientôt apprendre à mes dépens que si petit soit le grain de sable il suffit à gripper les rouages de la machine la plus sophistiquée. Broder une surcouche de noirceur, sur une tapisserie composée essentiellement de couleurs éclatantes en perpétuel mouvement revient à faire vibrer la corde sur laquelle vous venez de vous empiéter. Tout bon prédateur saura en tirer ses conclusions. Il n'aura pas fallu longtemps pour éveiller l'attention des protecteurs de ce monde. Mes premières tentatives dans la conception d'une toile d'emprise spirituelles furent un échec retentissant. Sabotage ou simple désynchronisation, difficile d'établir un véritable constat. En conséquence je redoublais d'efforts et d'ingéniosité lors de mes visites successives, travaillent ardemment au maintien d'une relation qui me donnerait l'opportunité de connaître une raison pour laquelle ce bouillon continuait à vivre inlassablement d'une illusion de but existentiel. Mais un jour où enfin je caressais l'espoir de finaliser mes recherches, le responsable de tous mes précédents échecs se présenta devant moi.

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Les mots de Damian résonnent toujours, mais sa voix se répand dans le crâne du Hollow alors que la nuit semble gagner en noirceur, et se troubler.

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Matryona [Terminé] P-hollow




Dernière édition par Matryona le Mar 6 Sep 2022 - 12:51, édité 4 fois
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Matryona

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Matryona

Données Spirituelles
Grade: Membre de Las Manadas
Mar 6 Sep 2022 - 12:42 - Matryona [Terminé]

Matryona


Histoire




Do monsters make war, or does war make monsters?



Matryona [Terminé] 94f9f810

Spoiler:

- Pourquoi portes-tu ce stupide costume d'humain ? Tu empestes le mensonge, je vois clairement le fil qui te relie jusqu'aux cieux. Tu es aussi étranger que moi en ce monde, alors va-t-en, et ne reviens JA-MAIS !

Mes redoutables mandibules claquent au rythme de ces paroles corrosives. De toute évidence, il me dérange dans mes travaux et je ne compte pas faire en sorte que cela continue. Afin appuyer mes propos de façon plus concrète je décide de relâcher ma proie qui retourne comme si de rien n'était à sa vie aussi banale qu'insignifiante, et me redresse en exposant fièrement trois longues paires de bras armés de griffes acérées. Tous mes yeux sont braqués sur cet étrange individu habillé d'une sorte de haori sans saveur, sabre au clair. Nous nous jaugeons ainsi de longues secondes.

- C'est toi qui n'a rien à faire ici, démon ! J'ai pour mission de protéger les habitants de ce monde et de purifier les engeances de ton espèce !

Son visage d'une froideur apparente trahit une forme de peur. Il essaye de palier à cela en affirmant des vérités auxquelles je ne prête pas attention. Il est visiblement convaincu de ce qu'il prétend, mais je suis assez vieille et expérimentée pour savoir jauger une menace lorsqu'elle se présente seule. Je ne le crains pas, et il le sait.

- Je ne te laisserais pas repartir, c'est ici que tout se termine pour toi !

Enfin, il met des actes sur la balance de son jugement. Immédiatement je le vois gesticuler avec ses bras, murmurant quelque indicible rituel. Une erreur de débutant, il ne faut jamais ouvrir sa garde face à l'inconnu surtout lorsqu'il arbore les traits d'un monstre. Je me rue donc à une vitesse fulgurante vers lui et me prépare à l'éventrer. L'un de mes bras projette un filin plus véloce encore, qui se fiche aussitôt sur le dos de sa main libre tandis que deux autres chargent une sphère d'énergie spirituelle intense. Bloqué dans son incantation, il affiche une mine de stupeur sincère et riposte en tranchant le câble avant de bondir hors de portée d'une étreinte qui lui aurait été fatale. Prévisible. Il se fera malheureusement percuter de plein fouet par le projectile explosif, et disparaîtra le temps du souffle avant de ressurgir au dessus de moi, blessé. Lorsque l'épais nuage de fumée s'estompe mon esprit s'électrise : il n'est plus seul. Voilà maintenant que trois magnifiques pantins cherchent à contrebalancer les chances d'une réussite hypothétique. Je les entends échanger brièvement entre eux, puis ils se dispersent. A mon tour de subir un feu nourri. Des piqûres d'insectes qui ne font qu'exposer davantage mon envie d'en découdre. Dans un raclement lugubre certains de mes bras s'allongent et fusent en direction de l'ennemi. Mon corps lui s'invite parmi les nuages pour une confrontation plus directe. Mes cibles sont verrouillées, une à la fois. J'ai beau essuyer un déluge de lames et des coups qui parfois traversent mon épaisse muraille l'attention reste concentrée sur celle qui tente de repousser l'assaut des extensions osseuses. Une fois ses bras emprisonnés je l'emporte en plongeant vers le sol à vive allure. Dans un fracas terrible nos deux corps percutent et pulvérisent le bâtiment situé sur notre trajectoire. L'instant d'après je m'extirpe de la montagne de débris, haletante, avant de balancer le corps de la bougresse au loin comme s'il s'agissait d'une vulgaire poupée de chiffons.

Une provocation volontaire qui amplifia légitimement la colère de ses compagnons. Si tel est le potentiel des protecteurs de ce monde, alors j'en deviendrais à coup sûr la reine. Plus d'un millénaire de combats et de souffrance, voilà ce qu'ils devaient en ce jour affronter. La lutte se poursuit ainsi, avec acharnement. Je leur reconnais une nature guerrière jamais vue auparavant, différente. Moins fourbe. Ils arrivent même à me faire défaillir l'espace d'un instant, en exploitant des faiblesses longtemps recouvertes par l'absence de confrontation directe. J'oscille entre les garder en respect un moment dans les ruelles, pour finalement regagner les toits.




Soudain je sens comme une lame qui me perfore la base du crâne, un millier de cris stridents ricochent sur toutes les parois de mon corps. Sous l'effet de la douleur c'est l'intégralité de mes muscles qui se crispent en une fraction de seconde avant que la violence du choc vienne neutraliser mes jambes, qui se dérobent. La chute de plusieurs dizaines de mètres s'achève dans un gigantesque nuage de débris alors que je m'écrase lourdement sur l'asphalte. Le vrombissement des voix persiste, s'intensifie. Ma propre détresse finit par jaillir à la manière d'un tsunami de larmes et de sang. Je ne ressens aucune menace directe, cela ne peut signifier que la pire des choses.

- M...Mes enfants....

Encore sonnée, je réalise difficilement l'ampleur de la catastrophe à venir. Je me redresse, titubante, accusant toujours ce revers inattendu. Une chose absolument terrible vient de se produire, le goût infect de la peur se répand jusqu'au tréfond de mes entrailles. Machinalement j'avance, m'aidant de la moitié de mes bras pour ne pas flancher. Les autres s'affairent, agrippent le voile qui sépare les mondes pour le déchirer dans un râle primitif d'agonie. J'embrasse les ténèbres et accuse, une fois de l'autre coté du miroir, une nouvelle chute plus lourde de sens que la précédente. L'odeur de la fumée s'engouffre comme un torrent d'acide à mesure que mes pupilles s'acclimatent au chaos. Ici pas le temps de rejoindre les racines qu'une chose me percute en plein vol et me projette contre le tronc voisin qui manque d'exploser sous l'impact. D'autres hurlements. Cette fois ils sont tout proches, m'emplissent d'une tristesse insurmontable. Je renvoie l'appel, comme une mère qui vient de perdre ses petits. La toile est en flammes, la foret dans son intégralité couverte d'un manteau de cendres et de braises.

- La Mort envoie ses Dieux ! Maman, faut s'en aller et vite !

- C'est pas leur place, ici ! On va leur faire comprendre !


Le son de leur voix me rassure un bref instant, le temps de comprendre qu'une tragédie se joue et que nous en seront bientôt à l'acte final. Si des Shinigami sont bien à l'origine de ce désastre alors il n'y a pas d'autre choix. Je m'extirpe non sans difficulté de l'étreinte du géant végétal, la douleur en est presque insoutenable. D'un rapide coup d'oeil le constat est sans appel : plusieurs filins vitaux ont été sectionnés, les autres se dispersent dans le brouillard opaque et toxique. Sans prendre la peine de réfléchir je m'en empare avec vigueur et tire de toutes mes maigres forces pour les ramener à moi. Ils ne me priveront pas d'un autre enfant. Pas sans que je me batte pour eux.

- C'est pas le moment Vinny ! Le spectacle est terminé, rideaux ! Les lions sont sortis de leur cage...

Je m'assure seulement de garder une prise ferme sur la grappe de liens, puis tourne aussitôt les talons avant de foncer là où les flammes ne s'occupent pas encore de ronger le paysage. Derrière je perçois le tumulte des combats, le chant des âmes sur le point de disparaître et surtout la violence des attaques. Une terreur animale s'empare de mes sens. Il faut fuir, pour survivre. D'autres Hollows ne tardent pas à nous talonner, ce qui est tout sauf un bon signe. Car les chasseurs nous rattrapent. je peux sentir que chaque foulée devient plus lourde, il va falloir trouver un autre moyen. Puisque la gravité tend à devenir notre prison, je vais la défier une dernière fois. Le décollage est rude, sous feu nourri, inutile de chercher à se dissimuler ou à tisser un couvert protecteur. Il va falloir ruser, et c'est dans mes cordes. Une fois relativement éloignée dans les hauteurs la prise de contact visuelle se fait aussitôt. Avec la chaos qui règne en maître autour impossible de déterminer le nombre d'assaillants pas plus que leur traits. Une simple silhouette vêtue de noir et blanc, voilà ce que je verrouille. Immédiatement mes six bras se chargent d'une énergie pure zébrée d'éclairs mauves. Sans qu'il soit nécessaire de prononcer le moindre mot je sais qu'autour mes enfants se préparent à suivre le mouvement. Un feu d'une toute autre nature s'abat alors sur ceux que l'on désigne comme des Dieux. Le couvert en contrebas est pulvérisé, les Hollows pensent y voir leur salut et font volte face, stoppés net dans leur fuite. Ils viennent en réalité de sceller leur destin. Un sourire mauvais aux lèvres, j'observe ces malheureux qui tour à tour, se mettent soudainement à courber l'échine tandis que de nouveaux projectiles ennemis fusent dans leur direction. Prise de contrôle directe. L'augure des forets que je représente à cet instant ne souffre d'aucun remord face aux sacrifices. Je profite de la confusion générée plus tôt pour escalader en vitesse la distance me séparant de la cime. Dans un ultime élan de vigueur j'en crève la surface jusqu'à jaillir et m'écrouler dans le sable du Yermo, aux frontières de l'inconscience. Ici aussi le silence est à jamais brisé par l'appel de la guerre. Mais heureusement je n'en discerne que les échos lointains. Un peu de répit dans la tempête, de quoi récupérer pour mieux envisager la suite.

------------------------------------

Le Hollow secoue la tête et se frotte les yeux. La lumière semble renaître, sa vision se préciser. Il pousse un petit cri et sursaute, l'air surpris. Devant ses orbites écarquillées se dessine une gigantesque muraille faite de troncs immenses partiellement calcinés ou détruits. Tout n'est plus que cendres et charbon. Il se retourne d'un coup, et avise Damian qui se balance maintenant sur l'épaule de sa mère.

- Attends, ça s'est vraiment passé tout ça alors, c'est pas du chiqué ? Mais du coup c'était qui ces shinigamis ? Pourquoi ils sont venu tout cramer ?

- Il y a longtemps, un type de ce qu'ils appellent la Soul Society s'est dit que ce serait sympa de venir foutre la merde ici et de garder que les meilleurs pour monter sa propre armée. Ils s'appelait Aizen. Et les ruines où on était tout à l'heure, ben c'est tout ce qui reste de sa forteresse. Ca aura pas duré bien longtemps...

- Ah oui, le shinigami j'en ai entendu parler. J'étais pas encore là, mais j'le regrette pas ! Après ça m'explique pas comment vous en êtes venu à finir par faire du copinage avec les autres, ni comment ça se fait que vous êtes pas crevés comme la plupart des autres !

- Ah pour ça, il va falloir qu'on descende encore plus profond Georgie, là où tout le monde flotte !



Down came the rain, and washed the spider out.



Matryona [Terminé] Evmvi110


Le silence était enfin retombé dans l'immensité blanche. Hors de question toutefois d'envisager un retour pas plus qu'une halte, il fallait impérativement creuser la distance. Qui sait combien de temps cette guerre allait durer et jusqu'où elle se propagerait. Par ailleurs au cours de ma moisson millénaire j'avais pu récolter dans le résidu mémoriel de certaines proies le fruit d'un mirage faisant état d'un monde au delà du Yermo. Devant l'urgence de la situation, l'illusion devrait ne pas en être une sans quoi les envahisseurs ne tarderaient pas à achever leur sinistre besogne. Le plus terrible lorsque vous évoluez au cœur de cet océan de dunes sous un astre éternellement immobile c'est que le trajet devient rapidement interminable. Le temps écoulé ainsi que la distance parcourue ne représentent plus rien contrairement au sentiment de perdition et l'appétit qui eux ne cessent de croître exponentiellement. Par chance je n'évoluais plus réellement en solitaire et si le deuil d'un royaume perdu dans le sang de ma progéniture continuait par moments de me faire perdre pied avec la réalité je pouvais toutefois compter sur le reste de la couvée pour la traque du gibier peuplant curieusement ce grand vide. Une maigre compensation, suffisante néanmoins car sans leur aide précieuse il aurait été probable de voir disparaître l'espoir d'un renouveau.

On dit des mirages qu'ils sont le reflet fantasmé d'un élément bien réel projeté parfois sur des centaines de kilomètres par un effet d'optique complexe. Lorsqu'au bout de ce périple insupportable je vis les premières lignes d'une structure solide taillée dans ce qui devait être de la roche mon instinct n'y a d'abord pas cru. Mais comme sa silhouette se précisait au fil de notre progression, le doute laissa place à l'apaisement. Il est difficile d'imaginer ce que représente la découverte de telles structures pour un prédateur dont le mode opératoire repose sur le fait de se tapir dans l'ombre en attendant le moment opportun. Dans le désert j'avais retrouvé la mue fragile de ma misérable condition d'enfant au milieu des géants. Ici je retrouverais toute ma force, je creuserais ma tanière et lorsque les ténèbres ne seront plus suffisantes je tisserais une nouvelle toile pour y emprisonner mes tourmenteurs.

Notre tout premier refuge s'ouvrait dans un large pan de montagne englouti par le temps et partiellement ensablé. De toute évidence cette cavité n'avait rien de naturelle, il suffisait pour s'en assurer d'en parcourir les murs du doigt pour y deviner les marques laissées ça et là, ultimes preuves d'un travail brouillon mais acharné. Des cavernes comme celle-ci il en existait de nombreuses autres toutes aussi singulières et variées de par leur forme ou leur dimension. Vestiges sans doutes d'un temps révolu où la vie s'était installée sous de meilleurs augures. Qui sait combien s'étaient établis ici et pour quelle raison, la lune seule saurait y répondre. Il y avait bien par endroits de vagues représentations primitives insolubles gravées dans la pierre, à peine visible dans la pénombre. Plus aucune trace cependant de ceux qui pouvaient bien avoir occupés les lieux un temps, juste quelques créatures isolées, coupables de s'être introduites sur notre nouveau territoire. La paix s'installa de longues années durant lesquelles nous vivions simplement, nourrissant toujours la crainte d'une guerre qui pourrait nous atteindre. Afin de se préserver je m'étais longuement entretenue avec ma progéniture dans le but d'élaborer un plan au le cas où nous serions forcés de fuir plus loin. Décision fut prise de creuser plusieurs galeries labyrinthiques sous la montagne. L'une d'entre elles donnait accès aux frontières de notre ancienne demeure redevenue extrêmement silencieuse depuis. Une autre, enfin, s'enfonça davantage jusqu'à déboucher sur une cavité inconnue et lugubre, puis une autre, jusqu'à s'ouvrir vers un monde qui encore à ce jour s'impose comme le cœur de notre pouvoir.

Imaginez un monde où la lumière ne saurait trouver un chemin. Un sanctuaire dont l'air putride se répand sur une surface absolument gigantesque constellée par d'étranges formations minérales aux reflets sanguins. Où le sol n'est rien de plus qu'une formidable fosse commune composée d'innombrables carcasses agrémentées de façon hasardeuse par des particules résiduelles émettant une lueur faiblarde. Je n'ai jamais connue la raison pour laquelle un tel endroit pouvait bien exister mais une chose est certaine : nous avions devant nos yeux amusés un mouroir, une chambre mortuaire où les faibles devaient par instinct se réfugier dans l'attente de leur dernier souffle. J'allais désormais les y aider et par la même occasion remplir l'objectif que je m'étais fixé longtemps auparavant.

S'en suivit naturellement une période faste faite d'opulence et de jeux. Chaque nouveau cycle annuel s'accompagnait d'une véritable sensation de montée en puissance. Je n'étais pas en mesure de contrôler le flux des agonisants toutefois mes croyances devinrent affirmations dès lors que le premier Hollow se présenta dans un râle tout à fait reconnaissable. Une nouvelle toile fut rapidement tissée en plein cœur de la grotte. Au fil du temps la structure du nid se renforça, gagna en envergure et en complexité. Les enfants utilisaient volontiers la profusion de matériau brut pour édifier des structures improbables tout droit issues de leur créativité malsaine. Il arrivait même que par soucis de combler l'ennui nous nous amusions avec l'esprit abandonné des mourants. Un jour, nous mettions en place une sorte de théâtre dramatique où deux âmes torturées se complaisaient dans leur malheur avant de s'étreindre dans la mort. Un autre, nous organisions des jeux de cirque où les combattants possédés usaient de leur dernières ressources pour se réduire en miettes mutuellement contre leur gré. Un authentique parc d'amusement dans lequel la vie était célébrée et la mort sublimée par une mise en scène magistrale. Une existence grandiose rythmant un quotidien paisible qui, une fois encore, ne tarda pas à s'effondrer dans les abysses du tourment.


We're all freaks with no circus to play in.



Matryona [Terminé] Bigger10


Spoiler:


Au départ tout portait à croire qu'il s'agissait simplement d'un excès de zèle chez ses congénères. Ou que leur instinct les avait guidés jusqu'ici du fait des nuisances générées par les combats. Mais le flot toujours régulier de nouvelles proies à l'agonie finit par avoir raison du sentiment d'exaltation qui composait l'atmosphère depuis maintenant plusieurs années. L'étude de leur cadavre souleva une hypothèse tenace dans mon esprit. Et si la guerre frappait encore à nos portes ? Pas maintenant, pas si proche du but. Depuis quelque temps déjà je me sentais comme à l'étroit dans cette immensité. L'âme nouée dans un corps trop fragile et friable, j'étais persuadée que l'onde sourde des pulsations accompagnant chaque festin me rapprochait un peu plus de l'ère des géants de la surface. La famille s'était élargie, renforcée, nous étions devenus un clan solide prêt à affronter un autre destin. Je ne pouvais donc pas accepter que le feu des croisades vienne mettre en péril cette promesse faite aux étoiles du désert. Anticiper, plutôt que subir.

Je me suis souvenue de l'origine, du boyau par lequel nous avions débouché et qui s'ouvrait sur la nuit. C'est en décidant de l'emprunter que se scella notre sort, car de l'oasis de roches ne demeurait plus que la carcasse animée pa des vers. Le manteau de sable s'était quant à lui retiré de la grotte mais aussi et surtout de ce qui ressemblait maintenant à une vallée au creux de laquelle se dressait un édifice colossal de forme pyramidale. Malgré la hauteur et la distance je pouvais clairement mesurer l'ampleur de la chose et, dans la mesure où la lueur de torchères parcourait ses flancs inutile de pousser plus loin l'investigation pour en déduire que ce peuple qui vivait autrefois ici s'était très probablement décidé à réinvestir les lieux. Peut-être sont-ils d'ailleurs les initiateurs de cette guerre, des conquérants. Je n'attendais pas de me faire repérer pour en connaître le degré d'exactitude et regagna le tunnel avant d'en boucher soigneusement l'accès sur plusieurs dizaines de mètres. Je devais à tout prix empêcher que quiconque ne découvre le sanctuaire. Si ces choses se sont mises en tête de purger les nôtres et de pousser leur expansion jusqu'aux confins du Yermo alors je n'avais plus d'autre choix que me reclure jusqu'à ce que l'on daigne m'offrir les armes pour enfin me défendre et ne plus jamais craindre quiconque. Une fois les accès obstrués ne me resta plus qu'à préparer une éventuelle défense, et attendre tout en continuant de me repaître du gibier qui, semaine après se semaine se raréfia dangereusement.

Heureusement nos jeux comblèrent un temps le vide grandissant de la faim. Ce charnier de cadavres suffisait amplement à nous sustenter et, une fois réduits à l'état d'objets sans la moindre substance les os dans des mains expertes pouvaient être travaillés puis ajoutés au décorum du cirque familial. Seulement comme toute chose et devant l'absence prolongée d'un nouvel arrivage de proies sans possibilité de partir en chasse avec les risques que cela implique la famine s'installa durablement. Elle nous tirailla tous à des degrés divers. Les enfants les plus jeunes accusèrent le coup, souvent victimisés par leurs ainés plus robustes. Au bout d'un moment je cru même entendre une voix, cette dernière s'insinua toujours plus profondément jusqu'à ronger ce sentiment étrange qui me liait aux autres. Une émotion sans nom, née de mes expériences dans le monde des humains mais qui n'avait selon elle pas sa place ici. Le plus important ne devrait être autre chose que la survie, à n'importe quel prix. Difficile de critiquer l'idée, et ses méthodes suggérées commencèrent à faire pencher la balance. Mais pour toucher l'espoir d'atteindre la lune je devrais d'abord lui donner vie en sacrifiant une part importante de mon libre arbitre. Déléguer l'emprise, lui permettre d'être un guide. Avais-je réellement le choix ?

Ainsi naquit Damian, avatar de la domination. Sa condition de cadet trancha immédiatement avec son rôle d'Alpha au point de soumettre sans le moindre effort le reste de la couvée en un rien de temps. De nature pragmatique et impartiale il aimait à superviser mes propres réflexions, pour le bien commun. Dès lors le spectacle prit fin brutalement, sans rappel ni applaudissements. Les jeux n'en étaient plus véritablement, tout était maintenant question de savoir lequel finirait par rejoindre le cirque macabre. Personne n'y prêta attention jusqu'au jour où il m'ordonna de choisir, puisque nous en étions arrivés à un stade trop avancé qui risquerait de ruiner tous nos efforts pour gagner la sublimation. Je les avais mis au monde, voilà que je devais composer avec l'horreur de les en retirer. Je tentais de rationnaliser, après tout ils ne représentent qu'un fragment de mon âme et en l'absorbant ils ne disparaîtront jamais. De plus je n'aurais qu'à replanter la graine de leur conscience une fois la tempête passée afin qu'ils puissent jouir à nouveau d'une existence lavée de tout souvenir mauvais. Cela n'enlèvera tristement pas le fardeau que j'aurais à porter, pas plus que le poids d'un tel acte.

De fait si le sacrifice s'avéra payant il enfonça la dernière porte avec fracas. Durant cette ère de supplice les moments de lucidité s'estompèrent jusqu'à ne laisser qu'un trou béant au niveau de ma gorge. Je ne sais combien de mes propres enfants furent dévorés sur l'autel du destin mais le rituel toucha rapidement à sa fin. L'assimilation d'une telle quantité d'énergie pure et le regain d'émotions perdues jusqu'alors me poussèrent à de longues phases de sommeil sans rêves. Et lorsqu'enfin je me décidais à rouvrir les yeux, le monde venait de changer. Pour toujours. Ma première image fut celle de Damian qui affichait une expression étrange, mêlée de surprise et d'amusement. Seul rescapé de la guerre, qui selon leurs dires s'était achevée durant ma torpeur. Contre toute attente j'éprouvais une forme d'enthousiasme à l'idée de reprendre une vie plus normale. Du moins le croyais-je. En m'extirpant du chapiteau central une chose me frappa. Tout semblait nettement plus grand que dans mes souvenirs, c'est alors que mes yeux portèrent sur le reste de mon corps plongé dans la pénombre. Ce n'était donc pas un mythe, ni une ruse. Sans me l'avouer pleinement je venais d'embrasser le ciel, de gravir les plus hauts maillons de la chaîne. Ce ne pouvait pas être une supposition, je sentais bouillonner en moi un maelstrom de colère contenu dans sa boîte à musique cramoisie, la mélodie sinistre ne demandant qu'à jaillir. Je décidais sans plus de tergiversation de mettre des formes sur ces sensations profanes.

Je pouvais maintenant sentir les vibrations de la vie sur une plus grande distance, en déduire l'amplitude. J'étendis mon bras, paume ouverte, vers le plafond de cette caverne qui faillit causer ma perte. Une sphère écarlate de taille relativement imposante se forma en un instant, avant de partir à une vitesse fulgurante dans un bruit qui déchira le silence. La puissance de sa décharge fut telle qu'il s'en fallu de peu que je bascule en arrière. Quelques secondes plus tard un puits de lumière naturelle se fraya un chemin jusqu'ici, gage de son efficacité. Je bondis aussitôt en direction de l'orifice creusé par ses soins et me retrouva en un battement de cils aux pieds de l'immense foret qui porta jadis mes espoirs les plus fous. Enfin, j'allais renaître. Mon courroux s'abattra sur ce royaume, puis sur les autres. Sous peu je remplirais le creux, ma progéniture se répandra comme autant de vermines dans les plus petites poches souterraines, leurs acclamations couvriront le ciel étoilé lorsque je me donnerais en spectacle sous la lune moqueuse. Ils deviendront mon public, mes fauves, mes pantins. Mais d'abord je devrais rétablir les bases de ma dynastie, que son nom s'inscrive dans l'histoire.

Il ne fallait pas reproduire les erreurs du passé. Effacer son nom du registre des vivants dans l'espoir d'être oublié manqua de me faire rejoindre le charnier aussi, capable désormais de rivaliser avec les plus grands je devrais inscrire des lettres de noblesse et ainsi asseoir ma légitimité. Cela débutera ici sur les cendres de mon ancien foyer. A mon tour j'engageais une guerre personnelle avec les puissances encore en place vagabondant au gré du refuge hypostyle. Chaque nouvelle victoire éclatante s'accompagna du renouveau de ma progéniture que je limita aux principales facette de l'âme. D'abord Vinny pour sa rage incontrôlable, Lola pour ne jamais succomber à la peine, et Cecilia dont les orbites cousues jugeront de façon équitable sans risquer de bavure. Notre famille s'imposa avec une certaine aisance, attirant la convoitise et l'attention de créature terribles. Durant notre trop long sommeil d'autres clans s'étaient formés, puis structurés. Pour ne pas avoir à lutter vainement il devint vital de respecter l'ordre établi, de ne pas brouiller les frontières. Ou plus fourbe encore, de rejoindre leurs rangs.

Me rapprocher des sommets, gravir les derniers échelons dans l'ombre de ceux qui me dominent. C'était ça, la solution.


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- Des machins dans ton genre j'crois pas en avoir croisé un jour, j'aurais même trop peur qu'ils me bouffent pour le plaisir. Mais toi, TOI, t'es un sacré numéro !

- Même que c'est le Trois ! C'est marqué là, regarde !
rebondit aussitôt l'une des petites créatures ailées en désignant le ventre de sa mère.

Le Hollow regarde, surpris mais ne semblant comprendre tout ce que cela implique. Puis il s'en retourne à la contemplation du cirque qui l'intrigue bien plus. Matryona laisse échapper un rire franc, innocent, visiblement très amusée par le jeu de mots. Elle se contente d'acquiescer d'un geste de la tête puis lève une nouvelle fois les yeux vers son ancienne demeure. Ses mandibules claquent, le sentiment est encore trop fort. Doucement, elle porte sa main à la garde d'une de ses lames et la tire au clair. Le murmure qui s'en suit touche à peine le vide du lieu mais c'est suffisant pour que le Hollow l'entende et se tourne dans sa direction. L'expression de son visage restera figé dans une grimace d'horreur tandis qu'il assiste au spectacle funeste. Déjà les diablotins s'affairent à jouer une mélodie singulière mais lourde de sens. La maîtresse de cérémonie se dresse devant sa proie et le domine d'un bon mètre de haut, son corps désarticulé s'anime de soubresauts dans une symphonie de craquements osseux morbides. Elle ne laisse pas le temps à sa proie de hurler ni même de penser à s'enfuir et l'agrippe fermement au niveau du crâne avant de le soulever avec une extrême aisance. Elle rapproche alors son visage de porcelaine à une dizaine de centimètres du malheureux et plante au plus profond de son âme un regard arachnéen volcanique. Son souffle tiède s'annonce comme une ultime caresse.

- Du sang pour le Dieu du sang. Un crâne pour le trône de crânes.

Sa phrase se termine par un borborygme, et une giclée de sang noir qui vient éclabousser son sourire mauvais. D'un geste sec elle le repousse aussitôt et termine de le trancher en deux sur tout sa hauteur avant de faire parcourir sa langue sur la lame afin d'en récolter le nectar.

- Tournez manèges et sonnez trompettes, un nouveau pantin rejoint la fête ! Mangez, mes enfants et surtout : riez, car le spectacle ne fait que commencer !

Matryona jubile, puis se met à exécuter une danse pour amuser la galerie. Les cris de joie résonnent contre la paroi des Abysses, une manière encore une fois de célébrer la mort dans un formidable numéro qui honorera longtemps le souvenir de ceux qui périssent dans l'indifférence la plus totale.


Matryona [Terminé] P-hollow

HRP

Avatar : Le personnage sur votre avatar. Pensez à consulter le répertoire des avatars pour vous assurer qu'il ne soit pas déjà pris.
Merci de respecter le code suivant :

Code:
OEUVRE D'ORIGINE → [i]Matryona [/i] est [b]Matryona[/b]

Comment avez-vous connu le forum : J'étais là il y a 3 000 ans Gandalf !
Parrain : Manquerait plus que mon illustre présence profite à d'autres !

Est-ce un double-compte ? Il s'agit d'un double compte, le principal étant Chibiko Daestra.

https://www.before-tomorrow-comes.fr/t286-matryona-u-c#886

Matryona

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Matryona

Données Spirituelles
Grade: Membre de Las Manadas
Mar 6 Sep 2022 - 12:46 - Matryona [Terminé]

Prez terminée !

Je m'occuperais de peaufiner la mise en page une fois que j'aurais de quoi bosser le graph du perso et du reste. Et pour le pouvoir, ce sera détaillé en FT.
https://www.before-tomorrow-comes.fr/t286-matryona-u-c#886

Matryona

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Kuchiki Haruka

Données Spirituelles
Grade: Capitaine de la Sixième Division
Sam 10 Sep 2022 - 17:02 - Matryona [Terminé]

Bonjour Matryona !

J'ai le plaisir de te valider au grade de Tercera Espada !

Ton rang attribué est celui d'expert, ce qui te donne droit à 12 PC, 3 PB et 2600 Reiryoku à répartir librement dans ta FT. Tu disposes également de 2100 PV, sans parler les :
  • 5 techniques N1 ;
  • 4 techniques N2 ;
  • 2 techniques N3 ;
  • 1 technique N4 ;
  • 2 aptitudes (1 N1 & 1 N2).

Pour constituer ta fiche technique, je t'invite à relire plus avant le système de combat et suivre le modèle de FT dans ta zone de faction où tu pourras poster ton sujet.

Comme d'accoutumée, non.

Je te souhaite à présent bon jeu sur BTC, au plaisir de te rencontrer en RP !

_________________
Matryona [Terminé] EEHHKP5
https://www.before-tomorrow-comes.fr/t1454-kuchiki-haruka-en-cou

Kuchiki Haruka

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