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Ōshiro Naoko

Données Spirituelles
Grade: 16e Siège du Kidōshū
Mar 27 Sep 2022 - 17:46 - always listen but never act (nozomi)

2016.
Ils se disent que, comme ça, peut-être allais-tu pouvoir apprendre des autres. De ce contact forcé auprès de la noblesse. Alors que pourtant, ce n’est pas ce dont tu as besoin d’apprendre. Tu sais bien te tenir, connaît l’étiquette, toujours dans une tenue impeccable, toujours bien coiffée sans aucune mèche de travers. Parce que c’est en partie ce qu’ils demandent de toi, cette perfection immaculée qui s’accompagne d’une déception qu’ils ne prennent même plus la peine de cacher. Car il y a quelque chose de presque dérangeant, dans cette douceur maniérée dont tu fais preuve.

Parce qu’il n’y a rien, derrière tes prunelles trop claires.
Qu’une perfection apprise et maîtrisée.

Il n’y a rien, autre ça. Personne. Aucune personnalité. Rien de plus que celle qui s’efface pour ne pas attirer l’attention. Celle qui ne dit rien pour ne pas risquer déplaire. Il n’y a que celle qui accepte. Qui subit. Sans jamais répondre. Qui prend les coups sans les rendre. Celle qui a appris à bien se comporter, à faire preuve de cette perfection qu’on s’attend de quelqu’un de son rang, sans toutefois parvenir à se démarquer comme les autres portant son nom savent le faire.

Tu es née dans la mauvaise famille. C’est la seule explication logique. Ce qui se raconte lorsque tu te retrouves auprès de ton père, silhouette trop fine, trop délicate, aux côtés d’un homme aux épaules trop larges et à l’expression sévère. Aujourd’hui encore, tu te tiens là, la tête haute, sans parvenir à te sentir à ta place. On te salue et tu y réponds, toujours aussi polie. Avec toujours autant de retenue. Sans aucune expression dans ta voix, que des réponses toujours sur le même ton, parce qu’il serait mal vu que de faire preuve d’émotion. Ce serait risquer de trop en faire. Et il t’est absolument hors de question de possiblement attirer l’attention sur ta personne.

Alors tu es là, un peu en retrait tandis que ton père ainsi que deux de ses frères ont décidé de rendre visite à des vieux amis. Les Tomoe. Tu es là, héritière encore trop jeune qui n’est que figurante dans cet événement social qui ne te concerne pas. Tu es mal à l’aise. Pas à ta place. Les yeux légèrement baissés, fixés sur tes mains, tirant un peu sur les manches de ton kimono pour éviter qu’elles se relèvent. Jusqu’à ce que tu relèves finalement tes prunelles azurées, celles-ci s’accrochant au fin visage de l’héritière des Tomoe.

Nozomi.

Tu connais son nom. En as déjà souvent entendu parler. Tu as déjà entendu un cousin vanter sa beauté et tu ne peux qu’approuver. Tu as entendu parler de la place qui un jour sera la sienne, à la tête de sa propre famille. Une place qui t’est aussi promise, chez les Ōshiro, bien qu’il ne fait aucun doute que tu n’en as pas les épaules. Pas encore. Peut-être jamais.

Tu continues alors de l’observer, sans vraiment faire preuve de discrétion. Tu es curieuse à son sujet. Peut-être aussi un peu envieuse. Envieuse de ce qui peut se raconter sur elle. Du titre qui, dans son cas, allait sans doute être mériter.

Envieuse de ce que tu penses qu’elle est, au travers de ce qu’il se raconte.
De tout ce que toi-même tu n’es pas.
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Ōshiro Naoko

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Tomoe Nozomi

Données Spirituelles
Grade: Capitaine de la 9e Division
Ven 30 Sep 2022 - 20:24 - always listen but never act (nozomi)

Elle n’avait pas particulièrement envie d’être là. Les jeux de la Noblesse n’étaient pas ses préférés. Bien sûr, elle savait qu’un jour elle se tiendrait là où se dressait sa mère. A aucun moment elle n’ignorait que son destin était d’hériter du lourd titre de tête de son clan, et qu’ainsi elle devrait entrer, de gré ou de force, dans cette vaste valse des relations entre les plus hautes familles du Seireitei.
Non pas qu’elle y soit étrangère. Depuis son plus jeune âge tous l’éduquaient en ce but. Sa mère. Ses précepteurs. Narukami. Tous avaient à cœur de faire d’elle la digne noble qu’elle se devait d’être. Transmettre les valeurs. Faire honneur à son nom.
Un véritable fardeau qui devait être porté.

C’était dans ce but qu’elle se trouvait ici, en ce jour. Elle aurait eu le choix, nul doute qu’elle se serait éclipsée sur un terrain d’entraînement. Sa mère ne serait pas sa supérieure, elle aurait également pu tenter d’invoquer une tâche urgente au sein de sa Division. Seule l’âme au sein d’elle aurait su, ce qui n’était pas dérangeant à ses yeux. Elle ne pouvait le communiquer aux personnes extérieures à son être, subir son ire aurait été le seul point négatif.
Elle s’en serait accommodée.
Mais non, nulle de ces possibilités ne lui fut offerte. A la place elle était là, à attendre les invités du jour. Des anciens amis venus rendre visite. Façon ampoulée de dire qu’il s’agissait d’autres de la caste venant entretenir les relations de façon entièrement intéressée, sa mère venant rendre la pareille dans un but somme tout assez similaire.
Elle était habituée. Elle avait vécu la situation de nombreuses fois.

Aux côtés de sa mère, elle accueillit les arrivants. Pas un mot ne sortait de sa bouche en dehors des politesses d’usage. Les discussions, elle ne les écoutait pas vraiment, attendant le moment où enfin ceux qu’elle voyait un peu comme des intrus prendraient congé, elle-même ne pouvant le faire avant. Cette situation, elle l’avait vécue de nombreuses fois. Elle la vivrait certainement autant d’autres, et ce avant même de parler du funeste moment où elle serait donc à la place de sa mère.
A un détail près.

Elle tentait de ne pas y prêter attention, mais elle ne pouvait s’empêcher de le sentir. Le poids de quelqu’un qui, même si vous fuyez le regard, a le sien fixé sur votre personne. Se sentir dévisagée, sans aucune pudeur. Un sentiment des plus désagréable. Dans d’autres circonstances, elle l’aurait certainement interpellée. Même sans être la plus rigoureuse sur l’éducation, elle ne pouvait qu’approuver le fait qu’agir ainsi n’était pas de la plus grande des politesses.
Mais cela ferait désordre. Les remontrances de la soirée seraient sans nul doute présentes, et sa tranquillité grandement compromise pendant quelque temps. Elle garda donc sur elle.
Autant qu’elle le put.

Puis l’occasion se présenta. Si l’accueil se fit dans la cour, le moment d’entrer arriva, sa mère invitant les visiteurs à la suivre dans le salon. Sans perdre un instant, Nozomi traîna le pas afin de se mettre à hauteur de la jeune fille la dévisageant. L’observant un peu pour la première fois. La réputation de sa famille était connue, rendant d’autant plus surprenant le fait de faire face à ce qui pouvait être considéré comme une frêle jeune fille, bien loin de l’image des brutes dégagée par les membres de la Onzième Division.

    >> Ne t’a-t-on pas appris que c’est impoli de fixer les gens ainsi ? A moins que je n’aie quelque chose sur le visage ?! Auquel cas tu aurais pu me le dire !
Si le début de ses paroles pouvait paraître froid, la suite était empreinte de bien plus de légèreté. Certes, elle n’appréciait pas particulièrement d’être dévisagée, mais elle n’allait malgré tout pas agresser verbalement cette pauvre fille d’entrée de jeu ? Son éducation restait quand même au-dessus de ça.
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Tomoe Nozomi

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Ōshiro Naoko

Données Spirituelles
Grade: 16e Siège du Kidōshū
Dim 2 Oct 2022 - 17:58 - always listen but never act (nozomi)

Après un certain temps qui te paraît comme étant infiniment long, vous êtes invités à rentrer. Une partie de toi aurait aimé que vous vous contentiez de ça, de ces quelques banalités échangées dans la cour et que vous puissiez désormais rentrer chez vous. Or, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, par ici, et la perte de temps semble être un plaisir partagé par tous ceux qui n’ont rien de mieux à faire qu’exposer leur réussite ainsi que leurs richesses. Voir même aussi la valeur du sang qui coule dans leur veine et de ce nom qu’ils arborent avec une telle fierté qu’on pourrait croire qu’ils ont fait plus que simplement naître dans la bonne famille.

Tu t’égares un peu, dans ton esprit.
Parce que tu n’as pas envie d’être ici.

Tu n’as pas envie d’être parmi ces gens qui vont te regarder. Te juger. Toi petite princesse délicate née dans cette famille de fiers combattants. Toi qui n’aimes pas te battre, malgré les entraînements rigoureux auxquels ils te soumettent. Toi qui aurais préféré être n’importe où plutôt qu’ici. Naître dans n’importe quelle famille autre celle-ci. Parce que tu rêves de liberté. D’une vie où tu n’aurais pas à baisser la tête et accepter tout ce que tu ne veux pas. Une vie loin de ces chaînes qui pèsent lourds, sur tes poignets.

Ce nom qui est douloureux, sur tes frêles épaules.

Un peu plus et tu aurais donné un petit coup de pied dans l’un des cailloux qui se trouvent sur ton chemin. Mais tu as appris l’étiquette, tu sais te comporter, et tu continues donc tout simplement d’avancer, derrière tout le monde, sans exprimer ta frustration. Ou, tout du moins, tu pensais savoir te comporter, jusqu’à ce que tu entendes une voix, ton regard quittant finalement le sol sur lequel il s’était fixé lorsque tu t’es relevée.

Elle est là, à côté de toi. Nozomi. Elle est là pour te reprocher tes travers, toi qui as supposément appris à bien te comporter et qui se retrouves tout de même à devoir faire face à quelques travers. Impoli, donc, de fixer quelqu’un. - Désolée… Qui s’échappe timidement de tes lèvres, d’une voix si basse qu’il est difficile de dire si tu as vraiment parlé ou si elle ne l’a pas simplement halluciné. Tu détournes le regard, gênée, avec ce rouge honteux sur tes joues d’avoir été prise la main dans le sac. - Non, non ! Reprenant précipitamment la parole. - Vous n’avez rien sur le visage. En agitant nerveusement les mains devant toi.

- C’est juste que… Tu ramènes tes mains vers toi, torturant le tissu des manches de ton kimono entre tes doigts. - On m’a souvent parlé de vous. De nombreux compliments. Éloges. Pour la jeune Tomoe. Pourquoi ne pouvais-tu pas être un peu plus comme elle ? Digne. - Je suis vraiment désolée. Je ne voulais pas vous rendre mal à l’aise. Pardonnez-moi. Le tout est dit rapidement. Très rapidement. Et les mots s’emmêlent peut-être un peu, tandis qu’à nouveau, tu reportes ton regard vers le sol.

Bien digne de la fière noble que tu es supposée d’être.
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Ōshiro Naoko

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Tomoe Nozomi

Données Spirituelles
Grade: Capitaine de la 9e Division
Mer 5 Oct 2022 - 21:15 - always listen but never act (nozomi)

Elle qui espérait détendre quelque peu l’atmosphère, le résultat fut bien différent. Difficile de ne pas voir autre chose qu’en cette invitée une pauvre petite chose fragile qui pourrait se briser au moindre choc. Prononcer ne serait-ce qu’un moment semblait être une épreuve. Le premier fut à peine soufflé, pouvant faire douter de sa réalité. Les suivants furent au sein de phrases assez brèves, démontrant qu’elle n’était en effet pas un seul instant à l’aise en cette situation.
Nozomi fronça quelque peu les sourcils. Pas de façon énervée, mais montrant que quelque chose la chiffonnait un peu. Car c’était bien plus ou moins le cas. Ce genre de situation n’était pas réellement le genre où elle se sentait le plus à l’aise.

    >> Un peu plus et je vais croire que tu as peur de moi, c’en est presque vexant… Oh ! Je sais !
Comme en accompagnement de ses paroles, ses yeux s’écarquillèrent en grand, lui donnant réellement l’expression de quelqu’un ayant eu une idée absolument géniale, du moins de son point de vue. Un grand sourire accompagna alors un clin d’œil adressé à la jeune fille, avant de s’éloigner et de s’approcher de sa mère et des autres nobles.

    >> Mère. Je vais montrer un peu les jardins à notre jeune invité pendant que vous discutez entre vous.
Elle ne laissa même pas le temps de répondre, la cheffe des Tomoe ayant de grandes chances d’en partie désapprouver l’idée, que déjà son héritière retourna vers la Ōshiro, toujours un large sourire sur les lèvres. Puis, sans prévenir, elle lui attrapa le bras et, sans véritablement lui laisser le choix, l’emmena en effet un peu plus dans la propriété, dans un coin des jardins où elles pourraient être tranquilles.
Certainement rien qui ne puisse réellement étonner une autre membre de la noblesse, mais l’extérieur de la demeure des Tomoe était bien entendu richement décoré, dans le plus pur style des jardins japonais. Rapidement, elles se retrouvèrent dans un endroit légèrement isolé du reste, sans nul dérangement autour.
La membre de la Neuvième Division lâcha alors le bras de sa pauvre « victime », laissa échapper un grand soupir de soulagement.

    >> Aaaaah, ça fait du bien d’être un peu tranquilles non ? Pas de prise de tête, personne pour nous demander de bien nous tenir…
Comme si un poids était parti de ses épaules, elle semblait réellement soulagée. A défaut de n’avoir pu réellement esquiver la corvée, elle avait pu au moins l’atténuer. Et puis, voir que quelqu’un avait visiblement encore moins envie qu’elle d’être là l’avait rendue un peu curieuse.

    >> Bon, et pour reprendre, c’est si tu continues à être aussi timide que ça va me mettre mal à l’aise ! Donc tu relèves la tête et tu souris, ça me semble un bon plan. Je serais aussi bien curieuse de savoir ce qu’on a bien pu te dire sur moi…
Il s’agissait en plus d’une réelle envie, Nozomi ayant quelques doutes sur le fait que tout ce qui pouvait être dit sur elle au sein de la noblesse soit forcément élogieux.
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Ōshiro Naoko

Données Spirituelles
Grade: 16e Siège du Kidōshū
Dim 9 Oct 2022 - 6:11 - always listen but never act (nozomi)

Une peur qui se dessine dans ton regard, lorsqu’elle te dit qu’elle pourrait en être vexée. Tu veux rattraper tes propos, tenter de te justifier, mais elle ne te laisse pas le temps de faire quoi que ce soit de tout ça, semblant avoir une idée à laquelle tu ne peux que te soumettre. Elle signifie à sa mère qu’elle va te montrer les jardins et tu peux sentir le regard de ton père brûler sur toi. Par réflexe, tu as baissé les yeux, n’osant même pas croiser son regard, alors que pourtant, lui pourrait voir d’un bon oeil que tu passes un peu plus de temps avec l’héritière du clan Tomoe.

Tu préfères ne pas te risquer à savoir.
L’ignorance est une bonne chose, parfois.

Alors tu te laisses entraîner par cette dernière, dans ce luxueux jardin que tu avais pu deviner très bien entretenu. C’est toujours comme ça, de toute façon. L’apparence. Qui peut paraître le mieux. Qui peut le mieux afficher ses richesses. Il y a du pouvoir, dans la possession. Du pouvoir dans ces noms que vous portez toutes les deux. Une importance dont la raison t’échappe, dans ces familles dans lesquelles vous avez eu la chance de naître.

Tu retrouves finalement ta liberté lorsque celle t’ayant entraîné jusqu’ici laisse entendre un soupir de soulagement. - C’est vrai que ce n’est pas mal… Difficile à dire si tu approuves par crainte de la contredire ou si tu es vraiment du même avis qu’elle, quant à vous tenir si loin de tous ces regards si pesant.

- Je suis désolée. Toujours d’une voix si petite. Avec cette grande timidité dont tu fais preuve. Mais tu tentes tout de même de passer outre. Tu étires un sourire un peu plus agréable, un peu plus sincère, que tu adresses à celle qui t’accorde de son attention sans te juger. Qui n’a aucun commentaire désobligeant à ton égard, t’offrant même un endroit où tu peux être un peu plus à l’aise. Un peu plus toi-même. Si seulement tu savais qui ça pouvait bien être, ce toi-même qui s’est égaré, depuis le temps. Depuis les années à vivre sous pression. À exister pour être celle que tu ne seras jamais.

Tu gardes la tête haute tandis que tu t’avances dans le jardin pour en observer les décors, balayant l’endroit de tes prunelles azurées avant de les ramener sur Nozomi. - Ils disent que votre famille est chanceuse. Que vous serez une digne héritière. Ce que tu ne seras jamais. - Et eh… Beaucoup disent que vous êtes très jolie. Tu essaies de faire preuve de franchise. De ne pas laisser ta timidité te forcer au silence. Après tout, n’a-t-elle pas dit vouloir savoir ? Ne t’a-t-elle pas demandé de ne pas avoir peur d’elle ?

- Mais ça, j’imagine que vous le saviez déjà ?
Après tout, si la noblesse devait porter un nom, ce serait sans doute le sien.
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Ōshiro Naoko

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Tomoe Nozomi

Données Spirituelles
Grade: Capitaine de la 9e Division
Dim 9 Oct 2022 - 19:34 - always listen but never act (nozomi)

    >> Bah, voyons… Bien sûr que je le sais déjà !
Un peu plus et il serait possible de qualifier Nozomi d’une arrogance extrême. Le large sourire laissant sa dentition visible démontrait qu’elle s’en amusait. Forcément, elle ne pouvait ignorer être d’un physique assez agréable à l’œil. A force qu’on lui dise. Mais jamais elle n’y avait porté une véritable attention. Elle prenait soin d’elle plus par confort, et en partie par obligation. Et encore, cela restait le strict minimum.
Un soldat avait-il besoin d’être joli pour être efficace ? La plupart de son temps, elle le passait en tant que membre de la Neuvième Division, et l’apparence était le dernier de ses soucis. Il n’y avait que lorsqu’elle était obligée de jouer à la noble qu’elle n’avait d’autre choix que de se préparer à la hauteur de ce que l’on attendait généralement d’elle.

Mais un peu plus et elle pourrait entendre l’ire de Narukami. Au sujet de sa réponse. Mais également au sujet des paroles de la jeune fille face à elle. Dans le cercle intérieur, il était bien rare qu’on la qualifie de digne héritière. Sa mère, l’esprit familial… Ils n’avaient jamais présenté directement la chose ainsi, mais elle était presque certaine qu’un peu plus et le terme employé pourrait être « déception ».
Cela lui importait peu. Elle était bien loin de se voir à la place de sa mère, et espérait que ce jour n’arriverait pas avant très longtemps. Elle préférait donc profiter au maximum, déchargée tant qu’elle le pouvait et, si le malheur arrivait, aviserait le moment venu. Pourquoi s’embarrasser du futur au lieu de savourer le présent ?

    >> Tu veux une confidence ? Je pense que ma famille est loin de s’estimer chanceuse. Ma mère doit presque être à déprimer en pensant au jour où je serais à sa place ! Mais bon… Il faut garder les apparences sauves aux yeux des autres, non ?
Les deux femmes étaient bien différentes, et pourtant la plus âgée percevait qu’elles se ressemblaient sur un point, même si elles l’exprimaient différemment. L’une comme l’autre vivait visiblement comme un poids leur statut. Simplement, la membre de la Neuvième l’appréhendait avec légèreté, essayant au final d’y penser le moins possible, tandis que l’autre semblait crouler sous ce fardeau, se faisant écraser jusqu’à s’effacer.
Cela lui faisait presque de la peine. En partie, car elle était consciente qu’elle aurait tout à fait pu être à sa place. A cette pensée son air gentiment moqueur s’estompa, ne laissant qu’un sourire empreint d’une réelle douceur.

    >> Mais, tu sais… Cela ne mène à rien de trop y penser. Se laisser dévorer par les attentes des autres, s’empêcher de vivre sa vie. A quoi bon ?
C’était ainsi qu’elle s’était décidée à vivre, affrontant les regards désapprobateurs, faisant face aux remarques cherchant à la ramener « dans le droit chemin ». Le tout était de garder l’équilibre. Par moment elle devait jouer le jeu, comme en ce jour. Mais le reste du temps, cela lui permettait d’être elle-même.

    >> Donc… Tu vas commencer par arrêter d’être désolée, ce sera déjà un bon début. Et après… Qu’aimerais-tu faire si tu n’avais aucune contrainte ? Là, maintenant ?
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Tomoe Nozomi

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Ōshiro Naoko

Données Spirituelles
Grade: 16e Siège du Kidōshū
Mer 12 Oct 2022 - 13:50 - always listen but never act (nozomi)

Il y a une certaine admiration, dans la façon que tu la regardes. De l’envie, aussi. Tu envies celle qu’elle est. Tu envies ce qu’il se dit sur elle. Tu envies la façon dont les autres la regardent, ce qu’ils disent lorsqu’elle n’est pas là. Tu aimerais voir autant de fierté, dans leurs yeux. Qu’ils te donnent l’impression d’avoir ta place, parmi eux. Qu’ils cessent de te faire sentir comme si tu n’étais rien de plus qu’une erreur.

Celle qui est née dans la mauvaise famille.

Trop petite. Trop frêle. Trop délicate. Tu es d’une douceur qu’ils ne possèdent pas, avec cette petite voix qui se cache plutôt que celle qui porte. Tu n’as rien d’autoritaire, qu’une ombre qui essaie de fuir l’attention. Elle n’a jamais été positive, l’attention que tu as reçue. Elle s’est toujours accompagnée de critiques. De reproches. De regards déçus. D’accusations parfois violentes. Alors tu as appris que c’était une mauvaise chose que d’attirer l’attention. Qu’à défaut de pouvoir t’imposer, tu savais te montrer discrète. Et c’est sans doute ce qui exprime ta nervosité à l’heure actuelle, seule en compagnie de l’héritière des Tomoe. Tu ne sais pas où te mettre lorsque son regard se pose sur toi. Ne sais pas comment y réagir, à la chaleur de son sourire.

La surprise s’inscrit sur ton visage suite à ses confidences. Sa famille ne s’estime pas chanceuse ? Mais pourquoi ? Yeux écarquillés, tu l’observes, silencieuse quelques instants, surprise tant par ses propos que la légèreté avec laquelle elle te le partage. Elle ne semble pas vraiment s’en faire, là où toi l’idée de ne pas être assez digne menace de t’étouffer. Peut-être même que c’est déjà le cas. Tu étouffes sous la pression des attentes, t’écrases face à tous ceux qui essaient de te modeler selon leurs envies.

Elle n’y pense pas trop qu’elle te dit. Ne se laisse pas dévorer par toutes ces attentes. Comment ? Comment fait-elle ? Comment ignore-t-elle tout ce qu’ils disent ? Pire, tout ce qu’ils ne disent pas ? Tout ce qu’ils expriment autrement qu’avec des mots. Des enseignements gravés à même ta peau. - Je... Je ne sais pas ? Comment. Tu ne sais pas comment faire ça. Ne pas laisser cette pression te dominer. T’écraser.

Et ce n’est pas la seule chose que tu ne sais pas. Tu ne sais pas non plus ce que tu aimerais faire, si tu n’avais aucune contrainte. Tu ne sais pas. Et tu sens l’angoisse monter tandis que tu te fais cette réflexion. Que tu ne sais pas. Que tu ne possèdes aucune identité propre, aucun sens de qui tu peux réellement être autre toutes ces attentes que tous peuvent avoir te concernant. As-tu déjà seulement existé par toi-même ? Existé en dehors du regard des autres ? Tu restes silencieuse un long moment, ton regard perdu dans le jardin qui vous entoure. - Je... Tu sens les larmes te monter aux yeux. - C’est une bonne question. Entre le rire et le sanglot.

Tu secoues la tête et fermes les yeux, t’efforçant de reprendre contenance. - Je suis désolée. Encore, même si elle t’a demandé d’arrêter avec ça. - Je ne sais pas. Tu ramènes tes cheveux vers l’arrière dans un geste nerveux. Elle doit sûrement regretter de t’avoir fait venir jusqu’ici avec elle. Ce n’est pas comme si tu étais de bonne compagnie. - Rentrer chez moi ? Voilà ce que tu aimerais faire, si tu n’avais pas de contrainte. - Rentrer et me poser avec un roman et ne pas être critiquée de passer plus de temps avec des bouquins plutôt que sur un terrain d’entraînement.

Avoir le droit de souffler un peu, finalement.
D’exister sans ce poids sur tes épaules.
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Tomoe Nozomi

Données Spirituelles
Grade: Capitaine de la 9e Division
Lun 17 Oct 2022 - 16:53 - always listen but never act (nozomi)

Il y avait du chemin à faire.
Cette pensée traversa l’esprit de Nozomi à peine sa jeune invitée commença à répondre. Chacune de ses paroles était freinée par l’hésitation. Chacun de ses mots semblait être une torture. Pas que les mots. Chaque action. Elle ne serait même pas surprise que ses simples pensées ne fassent qu’amplifier le mal-être qui devait l’habiter.
Cette pauvre enfant avait dû être bien seule dans sa vie pour en arriver là.
Nul guide pour lui permettre d’assumer qui elle était.
Nul proche pour lui apprendre à affirmer sa volonté.
Nul individu pour ne serait-ce que la comprendre.

Pendant un bref instant, elle avait envie de la prendre dans ses bras. D’être une grande sœur qu’elle-même n’avait jamais eue. Tenter de la rassurer.
Cela pourrait être arrivé si jamais elles continuaient à se voir. Si elles apprenaient à faire connaissance et, peut-être, à réellement devenir proches. Mais, pour l’heure, elle n’en fit rien. Il était trop tôt. Elle ne pouvait s’assurer de comment cela serait accueilli. Cela pourrait même avoir l’effet contraire et achever de l’enfermer.
Ce qui ne voulait pas non plus dire qu’elle n’allait absolument rien faire.

Et puis, il y avait déjà un minimum de progrès. Avait-elle compris que Nozomi ne lui voulait nul mal ? Après bien trop de « je ne sais pas » et « je suis désolé », enfin elle exprima réellement une volonté. Une chose qui, sans nul doute, devait lui tenir réellement à cœur.
Elle ne souhaitait pas être ici. Il n’y avait pas besoin qu’elle le dise pour cela soit évident. Mais, plus encore, il semblait que, même chez elle, ce qu’elle souhaitait réellement faire n’était pas apprécié.
De toute évidence, elle avait encore moins de chance que la Tomoe concernant la pression familiale.

    >> Hmmm, même moi je possède mes limites… Je risque d’avoir du mal à faire que tu rentres chez toi sans risquer d’empirer les choses. Ce qui serait clairement une mauvaise idée.
Cette option était impossible, c’était l’évidence même aux yeux de Nozomi. Elle ne pouvait accéder à la réelle demande de cette pauvre enfant.
Ce qui ne voulait pas dire qu’elle ne pouvait absolument rien faire.

    >> Par contre… Nous possédons une bibliothèque. Alors, je dois avouer, pour ma part, justement préférer les terrains d’entraînement plutôt que passer mon temps dans les livres. Je ne peux donc garantir de la qualité de la collection familiale.
La soldate qu’elle était n’avait que peu le nez dans les livres. Bien sûr, elle avait de l’éducation et ce n’était pas non plus une activité qu’elle abhorrait. Simplement, elle était bien loin d’avoir pu en faire le tour et donc de pouvoir s’assurer que le contenu avait autant de valeur que ce que tous affirmaient.
Elle avait tendance à le croire. Mais n’allait pas mettre sa parole en jeu à ce sujet.

    >> Que dirais-tu donc qu’on aille y faire un tour? A défaut d’être chez toi, tu pourras au moins faire une activité qui te plait !
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Tomoe Nozomi

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